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La Tunisie est-elle dangereuse ? La réponse honnête d'un hôte local

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La Tunisie est-elle dangereuse ? La réponse honnête d'un hôte local

« Est-ce que la Tunisie est dangereuse ? » C'est, de loin, la question qu'on nous pose le plus avant une réservation. Elle arrive souvent tard le soir, presque en s'excusant, de quelqu'un qui a déjà choisi son appartement et qui cherche juste une confirmation. Nous vivons ici, à Aïn Zaghouan Nord, au nord de Tunis, et nous descendons chercher le pain le soir comme tout le monde dans la rue. Voici donc la réponse franche : ni brochure d'office du tourisme, ni récit anxiogène.

La réponse courte

Non, pas pour les régions où les voyageurs se rendent réellement. Tunis et sa banlieue nord, Carthage, Sidi Bou Saïd, La Marsa, Hammamet, Sousse ou Djerba sont des endroits ordinaires qui accueillent chaque année des millions d'Européens. Le risque réaliste pour un visiteur, c'est un pickpocket dans un souk bondé ou une course de taxi surfacturée — rien de dramatique.

La prudence s'impose en revanche dans quelques zones reculées, le long des frontières libyenne et algérienne et dans certaines montagnes de l'intérieur. Ces zones ne figurent sur aucun itinéraire touristique classique, et les conseils aux voyageurs des ministères des Affaires étrangères désignent des gouvernorats précis plutôt que le pays entier. Consultez la fiche de votre pays avant de partir : elle est plus à jour que n'importe quel article de blog, celui-ci compris.

Ce qu'on redoute, et ce qui arrive vraiment

La crainteLa réalité sur le terrain
Agressions contre les touristesRares. Les Tunisiens sont plutôt protecteurs envers les visiteurs : avoir l'air perdu attire de l'aide, pas des ennuis.
Vols à la tireLe vrai risque, concentré dans les souks de la médina, au centre-ville autour de l'avenue Habib Bourguiba et dans les transports bondés. Les précautions urbaines habituelles suffisent.
Se faire arnaquerFréquent et agaçant plutôt que dangereux : surtout les tarifs de taxi et les « guides » très amicaux qui vous mènent vers une boutique.
La circulationHonnêtement, le point que nous signalerions en premier. La conduite est vive, les files sont indicatives, et traverser une avenue demande de la décision.
Le terrorismeLa raison de fond de la question. Les attentats ayant touché des visiteurs relèvent de l'histoire récente, pas de l'actualité ; la sécurité autour des sites et des hôtels est visible et importante.

Tunis, est-ce sûr le soir ?

Dans la banlieue nord — La Marsa, Gammarth, Carthage, Sidi Bou Saïd, Aïn Zaghouan — oui, sans hésitation. Ce sont des quartiers résidentiels où les familles sortent tard, où les cafés restent pleins bien après minuit, et où les rues sont éclairées et fréquentées. Nos voyageurs rentrent à pied après un dîner à La Marsa sans y penser.

Le centre-ville de Tunis suit un autre rythme. Il est vivant et parfaitement fréquentable en soirée, mais passé 22 h environ, le quartier de la médina et l'avenue principale se vident de ce qui intéresse un visiteur. Ce n'est pas une zone interdite : c'est simplement un endroit d'où l'on rentre en taxi plutôt qu'un endroit où flâner sans but. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles nous orientons les primo-visiteurs vers la côte — le détail est dans notre guide où loger à Tunis.

La Tunisie pour une femme seule

Oui, globalement, avec une nuance qui relève du harcèlement de rue plus que du danger. Les femmes voyagent seules à Tunis sans difficulté, et les Tunisiennes sont partout dans l'espace public : au café, au volant, au travail tard le soir. Ce que rapportent les voyageuses, ce sont des remarques et une insistance parfois lourde, surtout dans la médina, les souks et les lieux très touristiques. C'est fatigant plutôt que menaçant, et la réponse habituelle fonctionne : ne pas répondre, continuer à marcher.

La tenue vestimentaire est plus libre que ce que la plupart des gens imaginent : à La Marsa, on croise short et foulard dans la même rue. Couvrir épaules et genoux dans la médina, dans les petites villes et sur les sites religieux attire simplement moins l'attention. Sur la côte et à la plage, une tenue d'été ordinaire ne surprend personne.

L'arnaque que vous rencontrerez vraiment : le taxi

Si quelque chose doit mal se passer pendant votre séjour, ce sera statistiquement une course de taxi. Les taxis jaunes sont tous équipés d'un compteur et, au compteur, ils sont très bon marché : de l'aéroport vers la banlieue nord, comptez environ 10 à 15 TND. Or les taxis stationnés devant l'aéroport Tunis-Carthage annoncent régulièrement 50 à 100 TND pour ce même trajet, chacun avec un prix différent. Ce n'est pas dangereux, mais c'est le moment où beaucoup de visiteurs concluent, dès le premier jour, que le pays veut les avoir.

La parade est simple : exiger le compteur, ou fixer le prix avant de monter. Nous avons publié les vrais tarifs dans notre guide des prix des taxis en Tunisie, et si vous préférez ne rien négocier, les applications VTC qui fonctionnent réellement ici permettent de bloquer le prix avant l'arrivée de la voiture.

À savoir avant d'atterrir

  • Le liquide est roi. Le dinar est une monnaie non convertible et la carte passe mal en dehors des hôtels et des grands restaurants. Prévoyez des petites coupures, surtout pour les taxis.
  • L'eau. L'eau du robinet est traitée et convient pour se brosser les dents ; presque tout le monde, Tunisiens compris, boit de l'eau en bouteille.
  • Le ramadan change le rythme de la journée : horaires des restaurants modifiés, et manger ou boire dans la rue en journée est impoli plutôt qu'interdit.
  • L'alcool est légal mais vendu dans moins d'endroits qu'on ne l'imagine, et rarement le vendredi ou les jours fériés. Achetez à l'avance.
  • Voyageurs LGBTQ+ : les relations entre personnes de même sexe restent pénalisées par la loi tunisienne. Les poursuites contre des visiteurs ne sont pas un risque réaliste, mais la discrétion en public reste la norme.
  • Photos : on ne photographie ni la police, ni l'armée, ni les bâtiments officiels. Le reste, sans problème.

Alors, faut-il venir ?

Nous ne sommes évidemment pas neutres, mais nous n'accueillerions pas de voyageurs si la réponse honnête n'était pas oui. L'image que la plupart des gens ont en tête en posant cette question date d'une dizaine d'années — et n'a jamais concerné le pays entier. Ce que vous trouverez, c'est une capitale méditerranéenne où les principaux dangers sont un rond-point chaotique et un chauffeur de taxi optimiste.

Notre coin à nous, Aïn Zaghouan Nord, est un quartier résidentiel moderne et calme, à 10-15 minutes de l'aéroport, avec Carthage et la plage de La Marsa à une dizaine de minutes — une base tranquille et bien éclairée pour un premier séjour. C'est précisément pour cela que nous l'avons choisi.

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